Les RP expliquées aux ados (2/2)

Suite des questions / réponses sans filtre et sans reproche !

Pourquoi ne pas avoir été journaliste à la place d’attachée de presse ?

Comme beaucoup d’attaché•e•s de presse, je voulais être journaliste avant de passer de l’autre côté du miroir. Tout au long de mes études, j’ai entendu dire que le journalisme était un secteur bouché, qu’il y avait beaucoup de candidats pour peu de places dans les rédactions. Le parcours à suivre m’est apparu trop chaotique. Et puis j’ai découvert avec beaucoup de curiosité les métiers de la communication. Je suis passée du stage de 3e chez France 3 Bretagne à… un stage de fin d’études en milieu politique ! Virage à 180. Et début d’une passion pour la com’ et tout ce qui s’y rapporte. Cependant, je n’ai jamais réussi à me désintoxiquer de l’info sous toutes ses formes. Chroniques radio, reportages télé ou web, documentaires, articles fleuves : mon métier, c’est une façon de travailler au plus près de la presse.

Oui mais votre métier, c’est un peu de la manipulation au fond non ?

Quelle horreur. Cela en dit long sur la réputation de ce job. Alors rétablissons vite la vérité. J’ai un infini respect pour la profession de journaliste. La presse est un totem à chérir, un prisme d’analyse indispensable à notre vivre-ensemble. Jamais je ne chercherai à manipuler un journaliste. Je lui transmets des informations que je juge appropriées ou intéressantes pour son travail d’enquête ou d’analyse. J’ai uniquement un rôle de passeur entre mon client et le journaliste. À la fin, c’est lui qui tient la plume.

Est-ce que vous engueulez vos clients quand ils ne disent pas ce qu’il faut en interview ?

Une fois, je suis tombée des nues. Après une longue séance de média training, mon client a complètement oublié de parler du sujet qu’il était venu défendre en interview. On a fini par en rire. C’est quand même très rare ! Chaque passage médiatique de mes clients fait ensuite l’objet d’un débrief. Je ne les engueule pas, disons plutôt qu’on identifie ensemble les points d’amélioration.

Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans votre métier ?

Les relances téléphoniques qui tombent à l’eau. Mais il faut rester pugnace, c’est le nerf de la guerre.

Vous avez des amis journalistes qui font passer vos clients en priorité ?

Mettons fin à cette légende urbaine. Si ton sujet est nul, ton pote aura encore moins de gêne à te le dire qu’à un parfait inconnu. L’important, c’est ce qu’on a à proposer. Si ce n’est pas pertinent… Next !

Vous allez combien de fois par semaine à Paris ?

Une fois tous les dix jours environ. La France reste jacobine, les rédactions de la presse nationale sont toutes basées à Paris. J’ai pris mes habitudes de TGV girl, j’y travaille comme au bureau, j’y dors comme dans mon lit. Je suis toujours heureuse de retrouver Paris que j’ai habité durant 5 ans. Mais encore plus de revenir à Bordeaux, 2 ans après mon installation.

Idéalement, vous aimeriez bosser pour qui ?

Pour une collectivité, pour une association environnementale, pour une institution culturelle, pour Leïla Slimani, pour Charlotte Gainsbourg. Pour une PME locale ou pour ma copine qui a monté son cabinet de conseil en alimentation intuitive. Tout sujet est intéressant dès qu’on se l’approprie.

Vous avez déjà travaillé pour des personnes connues ?

Un ministre, une députée européenne, un conseiller de Paris, la porte-parole d’un parti politique…

Hein des politiques ? Ah. Non mais sinon des vraies personnes connues ?

Un pianiste le temps d’une mission. Une sorte de jazzman au grand cœur. Je n’ai pas d’autre « vraie personne connue » en tête !

Faut faire quelles études ?

Avant de parler de diplôme, je dirais qu’il faut aimer écrire, échanger et se tenir au courant de l’actualité. Pas besoin de se lancer dans des études longues à tout prix. L’important est de multiplier les stages en agence ou chez l’annonceur dans le domaine des RP. Et d’observer le monde qui nous entoure. C’est en pratiquant, en écrivant et en écoutant qu’on comprend les codes et la finesse de ce métier.

La/le meilleur•e attaché•e de presse que vous connaissez ?

Une de mes anciennes collègues. Elle a débarqué en alternance et n’a pas voulu aller au-delà de sa licence pour rester parmi nous. J’ai fait comme si je trouvais que c’était mal. Intérieurement, j’étais ravie. C’est elle qui a impulsé le tournant e-RP dans l’agence. Elle nous a fait grandir.

Votre journaliste préféré ?

Je suis une inconditionnelle de la revue de presse de Claude Askolovitch et de l’Instant M de Sonia Devillers (France Inter) que je ne loupe jamais. Sur Twitter, mon réseau social préféré, j’ai plaisir à suivre les feeds de Fabienne Sintès (France Inter), Lucie Ronfaut (Le Figaro), Florence Mehrez (Actuel RH), Lomig Guillo (Management), Cyril Petit (JDD) et… Bernard Pivot !

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